Évènement – Festival international des jardins, 2018
Co-réalisation avec le collectif Moonwalklocal
Prix design et idées novatrices

« Il me dit que son livre s’appelait le Livre de Sable, parce que ni ce livre ni le sable n’ont de commencement ni de fin. »
Jorge Luis Borges, Le Livre de Sable, Fictions (Fictions), 1983

Le « Livre de sable » nous entraîne dans une déambulation labyrinthique, sans véritable début ni fin. Le sable, balayé par les pas des visiteurs, dessine et redessine indéfiniment le paysage proposé.
C’est donc un lieu de promenade aux allures désertiques, composé de plusieurs buissons qui mêlent en leur sein une structure architecturale et végétale aux nuances bleutées.
Les modules identiques et répétés pour créer cette architecture buissonnante se déploient dans l’espace pour proposer des apparitions, sortes d’enchevêtrements calculés selon un algorithme qui permettrait en vérité d’inventer une multitude de formes.
La couleur bleue a été inspirée par la teinte des vêtements que portent certains hommes de Chinguetti en Mauritanie, les hommes bleus du désert, gardiens de mystérieuses bibliothèques renfermant des savoirs ancestraux.

Comme un écho à ces silhouettes qui apparaissent puis disparaissent derrière les collines ensablées du désert de Mauritanie, le bleu des feuillages et des floraisons du jardin se dilue dans le sable grâce à une grande variété d’essences.

D’un bleu soutenu aux pieds des structures, on passe à des tons plus doux à mesure que l’on s’éloigne. Comme si le sable atténuait la couleur, à l’instar de l’oubli qui altère la pensée. Et par sa forme modulable et le choix des plantes qui le composent, le jardin imaginé ici est lui aussi l’écrin d’un savoir infini, sans cesse nourri, enrichi et croissant : des espèces mellifères qui attireront la faune de leur nectar (lavandes, sauges, aulx, centaurées, adénophores…), des espèces comestibles (artichauts, choux, poireaux…) et des plantes grimpantes  (ipomées, passiflores…)

Ainsi les auteurs du jardin proposent-ils de formuler, via un archétype paysager, un monde qui nous échappe, une architecture de la pensée, par définition irreprésentable mais lieu possible de toutes les fictions à construire. Le récit impossible ou irréaliste pouvant peut-être servir d’étape à la découverte d’une solution possible et innovante : Jamais inerte ou autoritaire. Toujours en mouvement. Vivante.