L’exposition réalisée au cours du Festival des jardins en 2016 à Stolac, a était exposée au Duplex100m² à Sarajevo du 14 au 29 avril 2017. L’exposition “Les Jardins de Stolac, Jardin de l’Europe”, rassemble des travaux de Gilles Clément, Jacques Ferrandez, Chloé Traband, Julia Coquelle, Coloco, Paysagistes sans frontières, Joséphine Billey, Samuel Berthet et l’école National d’architectures de Versailles, ainsi que des réalisations des étudiants de l’édition 2016.

« Exposer c’est choisir…On ne montre jamais tout. Entre les temps forts d’un atelier qui s’épanouit le long d’une rivière — ici, la Bregava — il existe des échanges, des rencontres, des hésitations, des disputes net des arrangements. Aucune des photos que vous voyez n’est en mesure de restituer l’énergie, la fatigue, l’excitation, la tension, l’amitié, l’amour ou le silence : synergies intenses, monolithiques ou fracturées sans lesquelles les Jardins de Stolac n’auraient jamais vu le jour. Une aventure comme celle d’un atelier de volontaires bénévoles, reconduit annuellement sur le terrain, ne saurait se dévoiler en une simple série d’images. Mais toutes les images, prises à la volée ou en champ calculé, racontent un temps fort de l’histoire qui transforme un rêve en une réalité tangible.

Sous l’égide du Centre André Malraux, le projet engagé par Francis Bueb, initiateur de l’opération posait cette question : «Les jardins ont-ils le pouvoir de relier les êtres humains

Exposer c’est expliquer. On choisit les illustrations du propos comme on choisit les mots. Il peut y avoir des répétitions, c’est normal : en voulant convaincre on bégaye. Mais ces possibles redites sont là pour insister sur la matière à forger et les essais sont toujours nombreux avant de trouver la forme. L’atelier de Stolac sollicite l’esprit et les mains, les mains trop souvent à l’écart dans le cours des études sur écran où l’esprit noyé dans le cyber espace s’aveugle des seules lumières de l’ordi ; les mains subitement libérées, prêtes à tout faire car, c’est vrai, elles savent tout faire. Exposer c’est refaire l’histoire en montrant les pics de tension, la chronologie, la transformation. Mais toujours la vie invente, aussi faut-il s’attendre à ce que ces travaux, initiés par Coloco, poursuivis par Paysagistes sans frontières et d’autres volontaires, prennent un tour nouveau à chaque tournant de vie, telle est la leçon que le temps donne au jardinier. Les Jardins de Stolac ont l’avenir avec eux. »

Gilles Clément, La Vallée, juin 2016

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